Axe Yaoundé-Bertoua : le calvaire des usagers face à l’inertie administrative


L'accident survenu sur la route Yaoundé-Abong-Mbang-Bertoua n’est pas qu’un simple fait divers. C’est le miroir d’une gestion administrative désastreuse, où l’improvisation du Gouverneur et l’inertie des services publics sacrifient des vies, le bétail et l’économie nationale. Récit d’une tragédie qui aurait pu être évitée.

 

Le silence des autorités est plus assourdissant que le fracas des tôles froissées. Pendant plusieurs jours, l'axe Yaoundé-Bertoua a été coupé, transformant la route en un goulot d’étranglement mortel. Derrière ce blocage, des familles en deuil, des camions frigorifiques en décomposition et des commerçants ruinés. Ce n'est pas le destin, c'est de la négligence.

Le fiasco du Gouverneur



 Au lieu de déployer des moyens lourds pour libérer la chaussée, l’administration a choisi la facilité. Le Gouverneur de l'Est a, contre toute attente, préconisé des voies de contournement. Une décision absurde. Ces sentiers battus, inadaptés au poids lourd, ont fini de paralyser le trafic. « On nous a dit de passer par là, mais nos camions sont restés embourbés. Le Gouverneur joue avec nos vies », s’insurge un chauffeur de gros porteur, épuisé par un jour d'attente dans la boue.

Le cri des oubliés de la route



La désolation est totale. Les voyageurs, privés d'eau et de nourriture, dénoncent l'abandon. « Nous avons vu des enfants pleurer de soif pendant que les autorités circulaient en cortège sans un regard pour nous », confie une passagère de l'agence de transport Danay Express, sous le choc. Les habitants de la zone, premiers secours improvisés, sont révoltés. « Nous avons pleuré les chauffeurs calcinés et compté nos bêtes perdues, mais l'État est resté invisible. » Un commerçant, contemplant ses porcs morts, ajoute, les larmes aux yeux : « C'est tout un capital qui part en fumée. Qui nous dédommagera ? »

 L'impunité : le mal qui ronge nos axes



La cause est claire : le non-respect total des cahiers de charges. Les entreprises de BTP, les transporteurs et les services de sécurité opèrent dans un flou artistique. « C'est une faute lourde », martèle l’influenceur Steve Fah, qui a suivi de près ce drame. « Pourquoi aucune sanction administrative ? Pourquoi laisser des responsables qui bafouent leurs missions en poste ? On ne gère pas un pays avec du laxisme et de l'indifférence. La vie d’un Camerounais ne vaut pas moins qu’un cahier de charges non exécuté. » Il est temps de briser cette chaîne d'impunité, car, tant qu'il n'y aura pas de têtes qui tombent face à l'incompétence, le sang continuera de couler sur le bitume.

Face à cette gestion improvisée et aux pertes économiques colossales, pensez-vous que le Gouverneur devrait rendre des comptes directement aux populations sinistrées ?


Joël Godje Mana

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