Gestion des entreprises publiques au Cameroun : Le diagnostic sans appel du Pr Viviane Ondoua Biwolé

 



Le système de gouvernance des entreprises à capitaux publics est au cœur d'une tempête. Entre clientélisme communautaire, emprise politique et culture de l’impunité, le Pr Viviane Ondoua Biwolé dresse un constat accablant. Analyse d'un management public "sous perfusion", où la loyauté partisane a pris le pas sur la performance économique.


  L'analyse du Pr Ondoua Biwolé , vendredi soir, face au journaliste Ernest Obama, ne laisse place à aucune ambiguïté . Une partie significative du secteur public est gangrenée par ce qu’elle nomme la « durée communautaire ». Sur un échantillon édifiant de 89 entreprises étudiées, 12 fonctionnent comme de véritables structures familiales. Cette logique, qui privilégie l’origine sociologique au détriment de la compétence, verrouille les postes clés et crée une barrière infranchissable pour les talents externes, condamnant l'entreprise à une endogamie managériale improductive.


En effet,Juste quelques jours après la publication de l'article rédigé par Joël Godje Mana, publié à NewsduCamer, et republié par plusieurs médias,  A1 Tv contact le Pr Viviane Biwolé. Une suite logique sur l'article qui mettait en avant l'universitaire "Biwolé, Gwet et Puene : Le trio attendu par les Camerounais . 


La politique, seul prisme de nomination

 

Au-delà de ces dérives communautaires, c’est l’architecture même du pouvoir qui est pointée du doigt. La quasi-totalité des dirigeants , directeurs généraux comme présidents de conseils d’administration , est issue des rangs du RDPC. Cette uniformité politique transforme la gestion publique en un instrument de loyauté partisane. Résultat , la fidélité au système supplante les critères de mérite définis par la loi, vidant de leur substance les missions de service public au profit d'objectifs de contrôle politique.

 

L’inamovibilité : un « avion sans pilote »

 

Le Pr Viviane Ondoua Biwolé dénonce également le maintien excessif des dirigeants à leur poste, une pratique qui piétine la réforme de 2017 sur la limitation des mandats. Pour l'universitaire, cette culture de l’inamovibilité installe une « stagnation systémique ». Elle compare cette gestion erratique à un « avion sans pilote » : en l'absence de renouvellement des instances dirigeantes, l'innovation est étouffée par la routine, transformant des leviers de croissance potentiels en gouffres financiers pour l'État.

 

L’illusion de l’impunité et le risque de chute

 

Le diagnostic s'attarde sur une pathologie grave . A savoir,l'absence de reddition des comptes. Les dirigeants, protégés par un système de solidarité mutuelle tant qu'ils servent les intérêts du pouvoir, s'inscrivent dans une fausse logique de pérennité. Pourtant, l'experte en gouvernance est formelle , l'impunité est un cancer. Elle rappelle que, malgré les apparences de protection, la loi finit inévitablement par s'imposer. Pour ceux qui ont privilégié les intérêts privés à la gestion de la chose publique, la chute est, selon elle, inéluctable.

 

L'urgence d'une rupture systémique

 

Face à cet état des lieux alarmant, le Pr Ondoua Biwolé appelle à un sursaut national. La gouvernance ne peut se résumer à une simple gestion administrative ; elle est le pilier sur lequel repose la crédibilité de l'État. L'exigence est claire : il faut rompre avec ce modèle identitaire et politique pour instaurer une culture de la compétence et de la sanction. Seule une gestion rigoureusement axée sur les résultats, libérée de l'emprise partisane, permettra de restaurer l'intégrité et l'efficacité des ressources nationales.

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