Gestion des entreprises publiques au Cameroun : Le diagnostic sans appel du Pr Viviane Ondoua Biwolé
Le système de gouvernance des entreprises à capitaux publics
est au cœur d'une tempête. Entre clientélisme communautaire, emprise politique
et culture de l’impunité, le Pr Viviane Ondoua Biwolé dresse un constat
accablant. Analyse d'un management public "sous perfusion", où la
loyauté partisane a pris le pas sur la performance économique.
En effet,Juste quelques jours après la publication de l'article rédigé par Joël Godje Mana, publié à NewsduCamer, et republié par plusieurs médias, A1 Tv contact le Pr Viviane Biwolé. Une suite logique sur l'article qui mettait en avant l'universitaire "Biwolé, Gwet et Puene : Le trio attendu par les Camerounais .
La politique, seul prisme de nomination
Au-delà de ces dérives communautaires, c’est l’architecture
même du pouvoir qui est pointée du doigt. La quasi-totalité des dirigeants , directeurs
généraux comme présidents de conseils d’administration , est issue des rangs du
RDPC. Cette uniformité politique transforme la gestion publique en un
instrument de loyauté partisane. Résultat , la fidélité au système supplante
les critères de mérite définis par la loi, vidant de leur substance les
missions de service public au profit d'objectifs de contrôle politique.
L’inamovibilité : un « avion sans pilote »
Le Pr Viviane Ondoua Biwolé dénonce également le maintien
excessif des dirigeants à leur poste, une pratique qui piétine la réforme de
2017 sur la limitation des mandats. Pour l'universitaire, cette culture de
l’inamovibilité installe une « stagnation systémique ». Elle compare cette
gestion erratique à un « avion sans pilote » : en l'absence de renouvellement
des instances dirigeantes, l'innovation est étouffée par la routine,
transformant des leviers de croissance potentiels en gouffres financiers pour
l'État.
L’illusion de l’impunité et le risque de chute
Le diagnostic s'attarde sur une pathologie grave . A savoir,l'absence
de reddition des comptes. Les dirigeants, protégés par un système de solidarité
mutuelle tant qu'ils servent les intérêts du pouvoir, s'inscrivent dans une
fausse logique de pérennité. Pourtant, l'experte en gouvernance est formelle , l'impunité
est un cancer. Elle rappelle que, malgré les apparences de protection, la loi
finit inévitablement par s'imposer. Pour ceux qui ont privilégié les intérêts
privés à la gestion de la chose publique, la chute est, selon elle,
inéluctable.
L'urgence d'une rupture systémique
Face à cet état des lieux alarmant, le Pr Ondoua Biwolé
appelle à un sursaut national. La gouvernance ne peut se résumer à une simple
gestion administrative ; elle est le pilier sur lequel repose la crédibilité de
l'État. L'exigence est claire : il faut rompre avec ce modèle identitaire et
politique pour instaurer une culture de la compétence et de la sanction. Seule
une gestion rigoureusement axée sur les résultats, libérée de l'emprise
partisane, permettra de restaurer l'intégrité et l'efficacité des ressources
nationales.

Commentaires
Enregistrer un commentaire